Pour une thérapie de l’action

Installer le calme pour agir

Cela fait maintenant deux ans que je lis – sérieusement – ce qui se fait sur le « bien-être », « la sérénité d’être soi », le « développement de soi ». …

Or, il me semble qu’il faut préciser ces termes car les injonctions à « l’installation du calme », la « reconnexion à soi », « aller vers plus de bien-être », « développer la sérénité en soi », « retrouver l’énergie qui est en nous », ont, pour moi, peu de sens si on s’arrête là.

Cela manque de précision, de matière. Si il faut « installer le calme », ce n’est pas (juste) pour être calme mais c’est pour pouvoir ensuite s’occuper de ce qui nous intéresse, ce qui nous rend curieux. Vraiment curieux : ce qui nous pousse à réfléchir, à agir, à choisir cette direction plutôt qu’une autre.

« Installer le calme » – dans une certaine mesure, il en va de même pour « lâcher prise », « gérer ses émotions », « prendre du recul » … – permet de ne pas être parasité par un enfant pas douché, un patron suffisant, une machine à laver qui ne fonctionne pas, un devis de réparation exorbitant, une météo capricieuse, une ampoule cassée, des clefs de cadenas oubliées, des pâtes trop cuites…

« Installer le calme » permet de se focaliser sur nos potentialités ; installer le calme permet d’agir.

Il ne s’agit pas simplement d’être calme. Etre calme pour être calme ne sert à rien… si ce n’est à être docile, presque apathique, sage et bon.ne élève. Etre calme doit permettre le réveil, le réveil de ce qui nous meut vraiment, le réveil de la prise de conscience de notre valeur.

Il en va de même pour la « sérénité ». Etre serein.e, ce n’est pas regarder un arbre et trouver que c’est merveilleux un arbre (même si c’est merveilleux un arbre), contempler les oiseaux et avoir envie de faire « cuicui ». Non. Etre serein.e c’est tendre vers la possibilité d’être ancrer à soi, de se tenir droit, de ne pas vaciller, de ne pas vriller.

« Etre serein.e », c’est oser prendre la parole, donner son avis sans nécessairement écrabouiller celui des autres, se faire entendre et entendre les autres.

Je pense qu’il est nécessaire pour accompagner un travail thérapeutique (prendre soin) d’avoir en tête que la clef des changements de comportement du / de la patient/e c’est l’action et l’estime de soi.

Il ne s’agit pas de « gérer ses émotions », il s’agit de les faire siennes. Il ne s’agit pas d' »installer le calme », il s’agit d’agir. Il ne s’agit pas de « développement personnel », il s’agit d’oser penser. Il ne s’agit pas de « se reconnecter à la nature », il s’agit de savoir se positionner dans notre environnement, il s’agit de prendre position, de prendre sa place.

Je suis pour une thérapie de l’action, de l’estime de soi et de la joie de vivre et non pour des thérapies du calme.

Je vous remercie pour votre lecture.

A bientôt,

Charlotte

Une réflexion sur « Pour une thérapie de l’action »

  1. Bonjour Charlotte,

    Très bien présentée ta conception de la thérapie de l’action.
    J’espère que nombreux seront ceux qui adhèreront à cette conception et te le témoigneront sincèrement.
    Bonne journée. A bientôt.

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